Le secteur agricole reste aujourd’hui l’un des gisements les plus importants — et pourtant encore sous-exploités — du dispositif des certificats d’économies d’énergie. Il dispose pourtant d’un catalogue dédié de 28 fiches d’opérations standardisées (FOST AGRI), permettant de financer une large gamme de travaux de performance énergétique.
Dans un contexte de transition énergétique accélérée et de hausse des coûts de l’énergie, les CEE représentent un levier concret pour améliorer la compétitivité des exploitations agricoles tout en réduisant leur consommation.
Que sont les CEE appliqués au secteur agricole ?
Le dispositif des CEE repose sur une obligation imposée aux fournisseurs d’énergie : encourager la réalisation de travaux d’efficacité énergétique en versant une prime aux bénéficiaires.
Dans le secteur agricole, ce mécanisme prend la forme de fiches d’opérations standardisées identifiées par le préfixe AGRI.
Ces fiches définissent :
- les conditions d’éligibilité des travaux
- les économies d’énergie attendues, exprimées en kWh cumac
- les montants forfaitaires associés à chaque opération
Tous les statuts agricoles peuvent être concernés : exploitations individuelles, GAEC, EARL, SCEA, CUMA ou coopératives, dès lors que l’opération est couverte par une fiche active et réalisée sur le territoire éligible.
Conditions d’éligibilité aux CEE agricoles
Pour bénéficier du dispositif, plusieurs critères doivent être respectés :
- Disposer d’un statut agricole reconnu (exploitation individuelle ou structure collective : GAEC, EARL, SCEA, CUMA, coopérative)
- Choisir une opération figurant dans une fiche AGRI active
- Ne pas engager les travaux avant la contractualisation avec un obligé (fournisseur d’énergie)
- Réaliser l’opération en France métropolitaine ou en DOM selon la fiche concernée
Comment fonctionne le dispositif CEE AGR ?
Les fiches AGRI sont organisées en quatre grandes familles, chacune correspondant à un type d’intervention énergétique :
- AGRI-EQ : équipements performants
- AGRI-TH : systèmes thermiques
- AGRI-UT : utilités énergétiques
- AGRI-SE : services énergétiques.
Chaque fiche précise les critères techniques, les exigences de mise en œuvre et le volume d’économies généré en kWh cumac, qui correspond à l’économie d’énergie cumulée et actualisée sur la durée de vie de l’équipement.
Exemples d’opérations éligibles :
Les actions financées via les CEE peuvent inclure :
- la régulation de la ventilation dans les bâtiments d’élevage
- le séchage solaire par insufflation
- l’isolation thermique de serres
- la récupération de chaleur sur installations de refroidissement
- l’optimisation des systèmes de stockage frigorifique
Chaque opération génère un volume forfaitaire de kWh cumac, ensuite valorisé sous forme de prime financière. Le montant final dépend de la valeur du CEE sur le marché au moment de la valorisation.
Panorama des principales catégories AGRI
| Catégorie | Description | Exemples d’opérations | Bénéficiaires | Zone |
| AGRI-EQ | Équipements performants | Séchage solaire, régulation de ventilation | GAEC, EARL, SCEA, CUMA | France métropolitaine |
| AGRI-TH | Systèmes thermiques | Isolation de serres, chaudière biomasse | Maraîchers, horticulteurs | France métropolitaine |
| AGRI-UT | Utilités énergétiques | Récupération de chaleur, stockage frigorifique optimisé | Coopératives, groupes | France métropolitaine |
| AGRI-SE | Services énergétiques | Diagnostic et optimisation énergétique | Tous statuts agricoles | France métropolitaine |
Un levier complémentaire aux autres dispositifs énergétiques
Les CEE ne constituent qu’un des outils disponibles pour réduire les charges énergétiques des exploitations agricoles. Plus largement, les taxes sur l’électricité et le gaz peuvent représenter une part importante de la facture énergétique professionnelle, parfois jusqu’à 20 à 30 %.
Selon les activités et les situations, certaines optimisations ou exonérations peuvent également être mobilisées.
CEE agricoles et cadre réglementaire
Le dispositif s’inscrit dans le cadre du plan national d’efficacité énergétique, piloté par les pouvoirs publics et encadré par plusieurs institutions de référence.
Les textes officiels sont consultables sur le site du ministère de l’Agriculture :
Ministère de l’Agriculture
Les fiches AGRI et leurs mises à jour sont également suivies par des acteurs spécialisés comme :
ATEE
Le CESAER : un éclairage scientifique sur l’économie agricole
Le secteur bénéficie aussi des travaux du centre de recherche .
Cette unité mixte de recherche associant l’INRAE et l’Institut Agro produit des analyses de référence sur la compétitivité des exploitations et les stratégies d’investissement énergétique.
Ses travaux permettent notamment de mieux comprendre les dynamiques des filières agricoles et d’identifier les leviers collectifs les plus rentables dans le cadre des CEE.
Pourquoi ce dispositif devient stratégique
Dans un contexte de hausse des coûts énergétiques et d’accélération des politiques de transition, les CEE agricoles deviennent un outil structurant de financement des investissements.
Pour les exploitants, il est désormais essentiel de :
- identifier les opérations éligibles adaptées à leur activité
- anticiper les travaux pour sécuriser les primes
- optimiser les gains énergétiques sur le long terme
La performance énergétique n’est plus seulement un enjeu technique : elle devient un véritable levier économique pour la compétitivité des exploitations agricoles.
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